Les amphibiens sont des vertébrés pourvus de deux paires de membres (tétrapodes) et dont la température corporelle varie en fonction de celle du milieu (ectothermes poïkilothermes). Ces animaux sont de petites tailles, leur peau est nue et par conséquent dépourvue d’écailles, de poils ou de plumes. Les amphibiens sont anamniotes, cela signifie que l’embryon ne possède pas d’amnios, ils ont donc besoin d’eau pour se reproduire. Le développement passe la plupart du temps par un stade larvaire où la respiration se fait à l’aide de branchies, puis par une métamorphose. L’adulte est ainsi doté de poumons et utilise la peau comme une surface respiratoire secondaire (sauf chez certaines salamandres dépourvues de poumons, ainsi qu’une grenouille de Bornéo). Plus de 40 stratégies de reproduction sont connues chez les amphibiens, avec des espèces ovipares, vivipares, marsupiales, développement direct dans l’œuf, etc.

La classe des amphibiens est composée de trois ordres : les anoures, les urodèles et les gymniophones. Ces derniers, d’aspect serpentiforme, sont exclusivement présents dans les tropiques. Contrairement aux urodèles (tritons, salamandres), la métamorphose des anoures (crapauds, grenouilles) est spectaculaire car les larves perdent leur queue.

Actuellement, à travers le monde 7345 espèces d’amphibiens sont connues.

Environ 40 espèces sont présentes en France métropolitaine dont quasiment la moitié en Alsace. La diversité de la batrachofaune en Alsace est donc particulièrement intéressante avec la présence d’espèces patrimoniales comme la Grenouille des champs, le Pélobate brun, le Crapaud vert ou encore le Sonneur à ventre jaune…

Protections et statut des espèces


Protection nationale

En France métropolitaine, les amphibiens et les reptiles sont protégés par l’arrêté du 19 novembre 2007 « fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection ». Ainsi, les espèces inscrites à l’article 2 sont protégées ainsi que leurs habitats de reproduction et de repos, leur protection est donc intégrale. A contrario, les habitats de vie des animaux inscrits à l’article 3 ne sont pas protégés. En complément, la capture, le transport, le colportage et la vente de ces animaux sont interdits (lire le texte officiel pour plus de détails).

Lire le texte officiel

Par ailleurs, l’arrêté ministériel du 30 juillet 2010, interdit l’introduction dans le milieu naturel d’un certain nombre de vertébrés dont certains Amphibiens comme la Grenouille taureau ou le Xénope lisse.

Lire le texte officiel

 

Directive européenne

La France s’est également engagée à préserver l’herpétofaune à travers une directive adoptée par la Communauté européenne en 1992. Il s’agit de la Directive Habitats-Faune-Flore qui vise à contribuer au maintien de la biodiversité en permettant la mise en place du réseau Natura 2000. Les espèces inscrites à l’annexe 2 comme le Triton crêté où le Sonneur à ventre jaune sont considérées comme prioritaires et permettent la définition de zones spéciales de conservations. Les espèces inscrites à l’annexe 4 nécessitent une protection particulièrement stricte.

Les informations sur le réseau Natura 2000 sont consultables sur le site internet de la DREAL Alsace.
En savoir plus sur la directive européenne

Convention de Berne

Cette convention a été adoptée par la France en 1979, elle est relative à la conservation de la vie sauvage et des milieux naturels. De cette manière, la France s’est engagée à mettre en œuvre des politiques nationales de conservation de la flore et de la faune sauvages ainsi que des habitats naturels. Les espèces inscrites à l’annexe 2 sont protégées et doivent faire l’objet de dispositions législatives ou règlementaires appropriées.

Un comité permanent en charge de son application est en place.

Statuts de conservation

Les listes rouges des espèces menacées s’appuient sur une série de critères précis définis par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) dont l’objectif est d’évaluer le risque d’extinction de chaque espèce ou sous-espèce de manière objective sur la base des meilleures connaissances disponibles. Des listes rouges sont donc réalisées et régulièrement actualisées à l’échelle mondiale nationale et régionale.

À noter qu’à travers le monde, 32% des espèces d’amphibiens sont menacées d’extinction ce qui en fait le groupe de vertébrés le plus menacé au monde. En France métropolitaine, 7 des 34 espèces évaluées en 2008 sont menacées. En Alsace, la liste rouge régionale a été réalisée en 2012 et considère 4 espèces comme étant menacée d’extinction sur le territoire.

En savoir plus sur le projet Liste Rouge

Table récapitulative des statuts de protection et de conservation des Amphibiens d’Alsace.

Nom vernaculaire Nom scientifique Auteur Liste rouge régionale (1) Directive Habitats-Faune-Flore (2) Convention de Berne (3) Protection nationale (4)
Alyte accoucheur Alytes obstetricans (Laurenti, 1768) EN Annexe IV Annexe II Article 2
Crapaud calamite Epidalea calamita (Laurenti, 1768) NT Annexe IV Annexe II Article 2
Crapaud commun Bufo bufo (Linnaeus, 1758) LC / Annexe III Article 3
Crapaud vert Bufotes viridis (Laurenti, 1768) EN Annexe IV Annexe II Article 2
Grenouille agile Rana dalmatina Fitzinger in: Bonaparte, 1838 LC Annexe IV Annexe II Article 2
Grenouille de Lessona Pelophylax lessonae (Camerano, 1882) NT Annexe IV Annexe III Article 2
Grenouille des champs Rana arvalis Nilsson, 1842 CR* Annexe IV Annexe II Article 2
Grenouille rieuse Pelophylax ridibundus (Pallas, 1771) LC Annexe V Annexe III Article 3
Grenouille rousse Rana temporaria Linnaeus, 1758 LC Annexe V Annexe III Article 5
Grenouille verte Pelophylax kl. esculentus (Linnaeus, 1758) LC Annexe V Annexe III Article 5
Pélobate brun Pelobates fuscus (Laurenti, 1768) EN Annexe IV Annexe II Article 2
Rainette verte Hyla arborea (Linnaeus, 1758) NT Annexe IV Annexe II Article 2
Salamandre tachetée Salamandra salamandra (Linnaeus, 1758) LC / Annexe III Article 3
Sonneur à ventre jaune Bombina variegata (Linnaeus, 1758) NT Annexe II,IV Annexe II Article 2
Triton alpestre Ichthyosaura alpestris (Laurenti, 1768) LC / Annexe III Article 3
Triton crêté Triturus cristatus (Laurenti, 1768) NT Annexe II,IV Annexe II Article 2
Triton palmé Lissotriton helveticus (Razoumowsky, 1789) LC / Annexe III Article 3
Triton ponctué Lissotriton vulgaris (Linnaeus, 1758) LC / Annexe III Article 3

(1) Liste rouge régionale : BUFO, 2014. La Liste rouge des Amphibiens menacés en Alsace. BUFO, ODONAT.
(2) Directive Habitats-Faune-Flore : Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
(3) Convention de Berne : Décision 82/72/CEE du Conseil, du 3 décembre 1981, concernant la conclusion de la convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe.
(4) Protection nationale : arrêté du 19 novembre 2007 « fixant la liste des Amphibiens et Reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection »
Télécharger la table récapitulative des statuts de protection et de conservation des Amphibiens d’Alsace.

Dans certains cas le coassement des grenouilles peut se transformer en un véritable concert nocturne. Lorsque ces chants proviennent de l’étang ou de la mare du jardin voisin, ils peuvent nous empêcher de trouver le sommeil et nuire aux bonnes relations de voisinage.

Que peut-on entreprendre lorsque le coassement des grenouilles se transforme en vacarme ? Ce problème a plusieurs facettes dont nous résumons ici les principaux aspects.

Les amphibiens concernés

En Alsace, il s’agit généralement des espèces suivantes :

  • Grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus)
  • Grenouille verte (Pelophylax esculentus)
  • Crapaud calamite (Epidalea calamita)
  • Crapaud vert (Bufotes viridis)
  • Rainette verte (Hyla arborea)

Toutefois, d’autres espèces beaucoup plus discrètes peuvent également fréquenter petits étangs et mares de jardin comme les tritons ou encore les grenouilles rousses et agiles…

Prenez du temps pour les observer, déterminer les espèces présentes et les découvrir ! Vous verrez que ces animaux sont passionnant ! Un guide de détermination des espèces est disponible ici.

Des espèces protégées

Les statuts de protection et de conservation de ces espèces sont synthétisés dans le tableau disponible ici.

Toutes les espèces ne bénéficient pas du même statut de conservation certaines sont rares et en danger d’extinction comme le Crapaud vert (Bufotes viridis) alors que d’autres ne sont pas menacés d’extinction et sont plus fréquentes sur notre territoire.

En Alsace, toutes les espèces d’Amphibiens sont inscrites dans l’arrêté ministériel du 19 novembre 2007 qui fixe les modalités de protection (texte officiel : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000017876248 ). Certaines espèces et leurs habitats sont protégés plus strictement que d’autres.

De plus, les Amphibiens sont considérés comme des animaux sauvages. Ils ne peuvent donc pas être placés sur le même plan que d’autres sources de nuisances sonores comme une tondeuse par exemple. En conséquence, le propriétaire de la mare ou de l’étang n’est pas responsable de la présence de ces animaux. Toutefois, l’aménagement d’une mare ou d’un étang doit respecter une réglementation complexe et notamment le fait qu’une mare ne peut être aménagée à moins de 50m d’une habitation ! Le problème est donc complexe et plusieurs réglementations peuvent entrer en conflit.

Plusieurs mesures permettent de résoudre ou d’atténuer les conflits de voisinages portant sur les coassements de grenouilles :

  • Une dispute portant sur les cris de grenouilles n’est souvent ni la première ni la dernière manifestation d’un conflit de voisinage. Ainsi la suppression des nuisances n’engendre pas automatiquement une réconciliation. Discutez avec votre voisin pour trouver une solution raisonnable,
  • Changez votre perception des chants de grenouilles ! La perception d’un bruit comme nuisance dépend ou non d’une grande partie de nos préjugés. Cette mesure à un effet immédiat ! Et n’oubliez pas, les chants ne se font entendre qu’une petite partie de l’année (avril à juin),
  • Fermez la fenêtre donnant sur la mare, dormez dans une autre pièce…
  • Supprimez la végétation flottante de la mare et installez un petit jet d’eau qui agitera l’eau de la mare pendant la nuit. La mare ou l’étang sera moins attractif.

Enfin, si aucune de ces mesures ne résout le problème, nous vous invitons à contacter le service Médiation Faune Sauvage de la LPO Alsace. S’il s’avère que vous deviez intervenir de façon plus directe sur le milieu ou les Amphibiens, ils vous mettrons en contact avec les services de l’État adéquats (DREAL[i], AFB[ii] ou ONCFS[iii]). Ces derniers vous guideront vers les démarches administratives qui vous permettront d’intervenir sans vous exposer à une infraction à la réglementation en vigueur sur les espèces d’amphibiens protégés.

Dans tous les cas, ne capturez pas ces animaux pour les déplacer car en fonction du statut de protection des espèces cela est tout simplement interdit ! D’autre part, cette mesure n’est efficace que sur le court terme car d’autres individus viendront naturellement coloniser la mare ou l’étang. Enfin, le déplacement d’amphibiens favorise la dispersion de pathogènes pouvant causer des mortalités importantes au sein des populations présentes dans les habitats naturels.

Respectons et protégeons la nature !

Contact :

LPO Alsace – Service Médiation Faune Sauvage – 03 88 22 07 35 – alsace.mediation@lpo.fr

 

 


[i] Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement

[ii] Agence Française pour la Biodiversité

[iii] Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage